Un homme chasse une corneille mais, ralenti par des broussailles, ne peut poursuivre l’oiseau. Réplique du marquis de Bièvre :
- Vous comptiez prendre Corneille, mais vous avez pris Racine.

Une vie sans amour ne compte pas. Ne vous demandez pas quel genre d'amour vous devriez rechercher, spirituel ou matériel, divin ou terrestre, oriental ou occidental. L'amour n'a pas d'étiquettes, pas de définitions. Il est ce qu'il est, pur et simple. "L'amour est l'eau de vie. Et un être aimé est une âme de feu ! L'univers tourne différemment quand le feu aime l'eau."
Un homme chasse une corneille mais, ralenti par des broussailles, ne peut poursuivre l’oiseau. Réplique du marquis de Bièvre :

Dans les personnes que nous aimons,
il y a, immanent à elles, un certain rêve
que nous ne savons pas toujours
distinguer mais que nous poursuivons.
Marcel Proust
Le temps retrouvé

Une nuit les papillons se réunirent pour apprendre la vérité sur la lumière de la bougie.
Et ils décidèrent que l’un d’entre eux devrait aller recueillir des nouvelles de ce rougeoiement qui les intriguait. L’un d’eux s’envola jusqu’à ce qu’il discerne au loin une bougie brûlant à la fenêtre d’un palais. Il ne s’approcha pas et revint dire aux autres ce qu’il croyait savoir. Le chef des papillons écarta son témoignage en disant : « Il ne sait rien de la flamme. »
Un papillon plus passionné que le précédent partit et franchit la porte du palais. Il voleta à la lueur de la bougie ; confus, désireux d’en savoir plus mais craintif et il s’en retourna pour raconter jusqu’où il avait été et tout ce qu’il avait subi et vu ; après son récit, le mentor dit :
« Tu n’as pas les signes de celui qui sait pourquoi la bougie a une telle lueur. »
Un autre papillon s’envola d’un vol vertigineux, se mit à tournoyer ardemment près de la lumière, il s’élança et plongea dans une transe frénétique vers la flamme, son corps et le feu se mélangèrent. Le feu engloutit le bout de ses ailes, son corps et sa tête. Son être s’embrasa d’un rouge violent et translucide. Et lorsque le mentor aperçut ce flamboiement soudain ainsi que la forme du papillon perdue dans les rayons rougeoyants, il dit alors :
« Il sait, Il sait la vérité que nous cherchons,
Cette vérité cachée dont nous ne pouvons rien dire »





Terrible histoire, propre à pousser l’individu à remettre
en question tout ce qu’il a appris et adopté, toutes ses
certitudes, toutes ses bases morales … Nous trichons
tous quelque peu et trouvons toujours le moyen de nous
absoudre de nos péchés et de nos fautes. Sans cela,
il serait bien difficile à n’importe lequel d’entre nous
de supporter la vie et de s’assumer.
Ecoutez cette incroyable histoire :
Pour avoir dérobé un quignon de pain pendant une période de grande famine au 17ème siècle dans le Sud de l’Italie, un homme du nom de Cimon fut condamné à la prison perpétuelle et à la privation de nourriture jusqu’à ce que la mort s’ensuivît.
Sa fille, nommée Pera, obtint de l’autorité carcérale le droit de lui rendre visite, à la condition qu’elle ne lui apportât aucune nourriture à consommer. Les gardiens furent sensibilisés à la chose et invités à y apporter une attention particulière.La fille rendait donc visite quotidiennement à son père et, après avoir passé un moment en sa compagnie, comme à échanger avec lui dans une grande proximité physique et complicité, elle s’en retournait, le laissant purger son calvaire dans sa geôle…
Les vigiles se moquaient d’abondance de l’entêtement de la fille et s’amusaient à parier sur le nombre de jours que le père pourrait résister à la faim. Certains ne manquaient cependant pas d’être intrigués par la résistance peu commune du vieillard.Ils finirent par ne plus en rire et décidèrent de renforcer considérablement leur surveillance. Ils fouillèrent la fille au corps à chacune de ses visites et en furent pour leur peine. Ils échafaudèrent alors plusieurs stratagèmes pour observer et analyser chacun de ses gestes pendant la visite à son vieux père.La surveillance tatillonne finit par payer et les gardes découvrirent, abasourdis, que la femme … allaitait en cachette son père, ce qui lui permettait, sinon de faire bombance, du moins de survivre.
Elle fut arrêtée et emprisonnée également mais ses geôliers étaient terrassés par l’émotion et le firent savoir à travers la ville, plaidant même vigoureusement pour que le cas fut réétudié et la sentence commuée. Ils obtinrent gain de cause et le vieil homme et sa fille furent libérés et renvoyés à leur foyer sans autre forme de procès.
Là est l’essentiel de cette curieuse et merveilleuse histoire. Il est évident qu’il s’en est immédiatement créé une multitude de versions, avec adjonction de romanesque, de sentimentalisme et autres eaux florales.
La scène a été décrite dans le poème suivant, dû à Étienne La Font de Saint-Yenne, homme de lettres français qui vécut de 1688 à 1771 :
‘’Quel spectacle touchant ! Quel merveilleux tableau !
Chargé d’ans et de fers Cimon presque au tombeau,
Trouve au sein de sa fille une nouvelle vie :
Cimon ! de quel bonheur ta misère est suivie !
Tu renais de ton sang, et ta fille à son tour
Est Mère de celuy qui luy donna le jour.’’
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !
Stéphane Mallarmé, « Brise Marine »


Sanchoniathon (en grec : Σαγχουνιάθων, du phénicien Sanchun-yaton, « [le dieu] Sanchun [l’]a donné », ou qui veut dire Philalèthe, « ami de la vérité ») est un auteur phénicien natif de Béryte(d’autres avancent Tyr ou Beyrouth selon le comte Robert du Mesnil du Buisson). Il aurait vécu avant la guerre de Troie, contemporain de Sémiramis, 20 siècles avant Jésus-Christ.
Son œuvre n’est connue que par quelques extraits traduits par Philon de Byblos sous le règne de l’empereur Hadrien et cités par l’évêque Eusèbe de Césarée dans sa Praeparatio Evangelica. Ces quelques fragments constituent la principale source écrite concernant la religion phénicienne.
L’existence même de Sanchoniathon a souvent été remise en cause, et on a supposé que le véritable auteur de ces fragments ne serait que Philon de Byblos lui-même, ou que ces textes seraient une compilation de diverses traditions, auxquelles Philon aurait donné une forme de pseudépigraphe.
En 1841, l’abbé Jacques Paul Migne, dans un ouvrage consacré à des démonstrations évangéliques, le tenait en haute estime, le qualifiant de « plus ancien des historiens », « initié aux doctrines de Thot« , écrivant ailleurs que « d’après la succession des rois de Phénicie, dit Porphyre, il n’était postérieur à Moïse que d’un ou de deux siècles », ajoutant « après Sanchoniathon viennent Homère et Hésiode, les plus anciens écrivains grecs ».
Dans son Mémoire sur Sanchoniathon, Ernest Renan écrit que Philon de Byblos peut être envisagé comme un polygraphe sérieux et érudit, quoique dénué de critique, et non comme un faussaire, et il démontre par des textes que Sanchoniathon, ayant vraisemblablement vécu sous les Séleucides, était connu dans l’antiquité classique et que plusieurs particularités de son Histoire phénicienne(Φοινικικὴ ἱστορία / Foinikikī̀ hístoría / Phoenicorum historia) ne s’expliquent que par l’origine phénicienne du livre (Comptes rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1857). On tend à considérer de nos jours la traduction de Philon comme une interprétation hellénistique de matériaux phéniciens.