Nous sommes les images qui passent (Omar Khayyâm)

Cette roue sous laquelle nous tournons

est pareille à une lanterne magique.

Le soleil est la lampe ; le monde l’écran ;

nous sommes les images qui passent.

Omar Khayyâm

Sanguine – Jacques Prévert

La fermeture éclair a glissé sur tes reins
Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux
Au beau milieu de l’ombre, a éclaté soudain

Et ta robe en tombant sur le parquet ciré
N’a pas fait plus de bruit qu’une écorce d’orange
Tombant sur un tapis, mais sous nos pieds
Ces petits boutons de nacre craquaient comme des pépins

Ô Sanguine joli fruit ! La pointe de ton sein
A tracé tendrement la ligne de ma chance
Dans le creux de ma main, Sanguine, joli fruit, soleil de nuit.

Jacques Prévert

Chant sauvage – Antonia POZZI

Le poème le plus impressionnant est sans nul doute « Chant sauvage », écrit un mois plus tôt. Il préfigure la mort réelle de la poète, non pas qu’il l’annonce mais parce qu’il en suggère par anticipation la trame. La poète, exaltée par la joie que lui a procurée son excursion en montagne, évoque la vision idéalisée de sa propre mort :

« Au loin, dans un triangle de vert,

le soleil s’attardait. J’aurais voulu

bondir, d’un seul élan vers cette lumière ;

m’allonger au soleil et me dénuder,

pour que le dieu mourant s’abreuve

de mon sang. Et puis rester, la nuit,

étendue dans le pré, les veines vides :

les étoiles — lapidant folles de rage

ma chair desséchée, morte. » 

Garde brûlant le soleil de ton intelligence et tes yeux brillants de larmes de douleur ainsi ta vie restera fraîche. ! ( Rûmi )

Si tu pouvais lire dans mon cœur, tu verrais la place où je t’ai mise.( Gustave Flaubert )

Le temps – extrait du livre de la création

Voici un extrait d’un ouvrage cosmologique mazdéen intitulé Boundahishn,

« Le Livre de la Création ». Il s’agit du fragment d’un hymne au temps,

forme du destin, où s’affrontent, selon le dualisme zoroastrien, les créatures du dieu bon,

Ormazd, et de l’esprit du mal, Ahriman.