L’absurdité – Arthur Schopenhauer

Il n’y a aucune opinion, aussi absurde soit-elle, que les hommes n’aient pas rapidement adoptée dès qu’on a réussi à les persuader qu’elle était généralement acceptée.

Arthur Schopenhauer

Les meilleures réparties

L’avocat John Philpot Curran est ausculté par son médecin qui lui trouve une très mauvaise toux et lui dit :

  • Vous toussez mal…
  • Je me suis pourtant exercé toute la nuit.

Sanguine – Jacques Prévert

La fermeture éclair a glissé sur tes reins
Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux
Au beau milieu de l’ombre, a éclaté soudain

Et ta robe en tombant sur le parquet ciré
N’a pas fait plus de bruit qu’une écorce d’orange
Tombant sur un tapis, mais sous nos pieds
Ces petits boutons de nacre craquaient comme des pépins

Ô Sanguine joli fruit ! La pointe de ton sein
A tracé tendrement la ligne de ma chance
Dans le creux de ma main, Sanguine, joli fruit, soleil de nuit.

Jacques Prévert

Chant sauvage – Antonia POZZI

Le poème le plus impressionnant est sans nul doute « Chant sauvage », écrit un mois plus tôt. Il préfigure la mort réelle de la poète, non pas qu’il l’annonce mais parce qu’il en suggère par anticipation la trame. La poète, exaltée par la joie que lui a procurée son excursion en montagne, évoque la vision idéalisée de sa propre mort :

« Au loin, dans un triangle de vert,

le soleil s’attardait. J’aurais voulu

bondir, d’un seul élan vers cette lumière ;

m’allonger au soleil et me dénuder,

pour que le dieu mourant s’abreuve

de mon sang. Et puis rester, la nuit,

étendue dans le pré, les veines vides :

les étoiles — lapidant folles de rage

ma chair desséchée, morte. »